TEXTES DE MARIE DUVAL

 

 

 

 

LE PRINCE (ou la gigue du prince)

 

 



 

Je suis le prince errant

J’vous dis pas mon tourment

Ma tour est démolie

Famille j’te remercie

Le prix d’ la liberté

S’paye pas sans intérêt.

 

Un homme encore entier

Une espèce en danger

Si j’vis c’est pour aimer

Tu vois qu’c’est pas gagné !

 

Je suis le prince marrant

J’aim’ mieux l’air con qu’méchant

Question d’tempérament

J’veux vivr’ toujours debout,

J’peux m’coucher pour jouer l’loup

Pas simpl’ d’joindr’ les deux bouts !

 

Un homme encore entier

Une espèce en danger

Si j’vis c’est pour aimer

Tu vois qu’c’est pas gagné !

 

 

Je suis le prince contant

Des cont’s j’en dis toutl’ temps

Et si tu fais les comptes

J’n’en ai aucune honte

Car j’fais d’bien bell’s rencontr’s

Sans compt’ du temps d’la montr’

 

Un homme encore entier

Une espèce en danger

Si j’vis c’est pour aimer

Tu vois qu’c’est pas gagné !

 

 

Je suis le prince de sang

Tu dis qu’c’est pas décent

Mais on évite le dram’ !

En fait j’élèv’ mon âme

Qui s’fout des gros billets

Sauf doux, ça m’fait rêver.

 

Un homme encore entier

Une espèce en danger

Si j’vis c’est pour aimer

Tu vois qu’c’est pas gagné !

 

Je suis le prince chantant

Artist’ au cœur d’enfant

La lun’ sait mon mystère

Mais j’ai les pieds sur terre

J’pens’ pas à mes vieux jours

J’espère vivre d’amour.

 

 

Un homme encore entier

Une espèce en danger

Si j’vis c’est pour aimer

Tu vois qu’c’est pas gagné !

 

Je suis le prince charmant

Qu’on sort au bois dormant

Un baiser m’fait cadeau (C.A.D.O.)

J’suis l’dauphin des Bobos

Et j’sais vivr’ dans l’instant

Pour qu’il m’offr’ son présent.

 

 

Un homme encore entier

Une espèce en danger

Si j’vis c’est pour aimer

Tu vois qu’c’est pas gagné

(Sauf si tu veux m’embrasser)

 

 

 

 LE JOI

 

 Ici tout se joue sur un regard

L’un pour l’autre se donne à voir

L’on attend d’un mot l’oeuvre d’art

D’un instant, on fait l’histoire.

 

Le Joi, cette chanson est pour toi.

Le Joi, cette chanson est pour toi.

 

Si nous habitions enfin nos corps,

L’un dans l’autre nous serions forts

De la matière de nos liens

Qui tissent nos vies de p‘tits riens.

 

Le Joi, cette chanson est à toi.

Le Joi, cette chanson est à toi.

 

Nous, là, nous marcherons vers demain

L’un par l’autre mis en chemin,

Vers là où d’un seul trait de plume

Naît la lumière de nos brumes.

 

Le Joi, cette chanson est en moi.

Le Joi, cette chanson est en moi.

 

Quand vient l’offre d’un désir qui palpite

L’un à l’autre sommes sans limite.

Sur les ailes de nos élans

Nous changeons de continent.

 

 Le Joi, cette chanson est pour nous.

Le Joi, cette chanson est pour nous.

 

Viens, Joi, danser dans nos âmes.

L’un avec l’autre sur ta gamme,

Accorde nos rythmes de vie

Pour jouer ton harmonie.

 

 

Le Joi, cette chanson est en nous.

Le Joi, cette chanson est en nous.

 

Ici tout se joue sur un regard

L’un pour l’autre se fait miroir

L’on attend sans mot l’oeuvre d’art

D’un instant, on vit l’histoire.

Le Joi, cette chanson est avec nous.

Le Joi, par cette chanson aide-nous

 

 

 

 

MAÎTRE DU COEUR

 

 

 

Tu mets dans ma vie toutes les couleurs de l'amour

Et tu ris pour le faire rimer avec humour

Je savoure les harmonies de ton corps velours

Avec toi le temps me semble toujours trop court

 

Comment aller plus loin sans accepter d'admettre

Que mon cœur conquis a choisi de se soumettre

Je rêvais pourtant d'une vie libre sans toi ni maître

Comment ai-je donc vécu avant de te connaître

 

Par tes yeux j'ai vu des aspects du monde changer

Et un arc-en-ciel embraser mes ombres grisées

A la source de ta vie j'ai trouvé tous les secrets

De c'qui unit tous les êtres même dans l'après

 

Comment aller plus loin sans accepter d'admettre

Que mon cœur conquis a choisi de se soumettre

Je rêvais pourtant d'une vie libre sans toi ni maître

Comment ai-je donc vécu avant de te connaître

 

Au cœur de tes bras avec ta chemise pour toile

Tu me racontes le spectacle vivant des étoiles

Et tu me dessines le portrait d'une lune d'opale

Quand elle s'baigne frémissante comme un animal

 

Comment aller plus loin sans accepter d'admettre

Que mon cœur conquis a choisi de se soumettre

Je rêvais pourtant d'une vie libre sans toi ni maître

Comment ai-je donc vécu avant de te connaître

 

 

Tu connais les chants d'oiseaux et les danses d'abeilles

Tu m'entraînes dans ta course incessante aux merveilles

C'est pour toi que chaque jour se lève le soleil

Et la lune te rencontre au creux de ton sommeil

 

Comment aller plus loin sans accepter d'admettre

Que mon cœur conquis a choisi de se soumettre

Je rêvais pourtant d'une vie libre sans toi ni maître

Comment ai-je donc vécu avant de te connaître

 

 

Près de toi la vie devient jeu sans peur ni frein

Ta joie complice m'enivre comme le meilleur des vins

L'éclat de ton âme aimante éclaire le chemin

Tu me prends la main pour me conduire vers demain.

 

Comment aller plus loin sans accepter d'admettre

Que mon cœur conquis a choisi de se soumettre

Je rêvais pourtant d'une vie libre sans toi ni maître

Comment ai-je donc vécu avant de te connaître

 

Comment aller plus loin sans accepter d'admettre

Que mon cœur conquis a choisi de se soumettre

Je rêvais pourtant d'une vie libre sans toi ni maître

Comment ai-je donc vécu avant de te connaître

 

 

 

 

 ESPOIR D'EAU

 

 

Je vis au flux de ta présence

En équinoxe nuit et jour

Et si je souffre d'intermittence

Tu es là comme un recours

 

Du fleuve à l'océan

Il est long le chemin jusqu'à toi

Mais ton charme au présent

M'ouvre les portes du pays de joie

 

Le bonheur de nos retrouvailles

Me précipite dans tes bras

Le souffle de tes lèvres de corail

M'inspire des hymnes à la joie

 

Du fleuve à l'océan

Il est long le chemin jusqu'à toi

Mais ton charme au présent

M'ouvre les portes du pays de joie

 

Je largue les amarres sur ta voie

Et je m'enivre de ta vie

Tu es le phare qui guide mes choix

Puisque l'amour nous relie

 

Du fleuve à l'océan

Il est long le chemin jusqu'à toi

Mais ton charme au présent

M'ouvre les portes du pays de joie

 

Aux rives de ton corps enchanté

Je suis le cours de l'amour

Je remonte à la source cachée

De l'origine de nos jours

 

Du fleuve à l'océan

Il est long le chemin jusqu'à toi

Mais ton charme au présent

M'ouvre les portes du pays de joie

 

 

 

 

AVENTURE FAROUCHE



L’heure du croque en bouche

Du vin qui se débouche

Tu sors de la douche

Tu fais l’oiseau mouche

Entre nous…rien de louche…

Je quitte mes babouches

Je joue la Sainte Nitouche

Qu’un rien effarouche

Dans cette escarmouche

Assis à touche-touche

Tu brûles… tes cartouches

C’est bon je découche…

Tes mains qui me touchent

Tes lèvres contre ma bouche

Contre toi je me couche

Pour un bouche-à-bouche

Ta tendresse fait mouche…

Je dors comme une souche…

 





RÊVE D'AMOUR



Mes rêves parlent de toi

Pourtant je veux t'oublier

J'ai besoin de tes bras

Je ne peux l'ignorer

Je te le dis

C'est toute ma vie

 

Crois-tu qu'ça peut passer

Si j'évit' d'y penser?

Est-ce qu'on choisit d'aimer

Quand c'est la destinée?

 

Déjà mes sentiments m'échappent

Cruelle étape

Crois-tu que je saurais un jour

Vivre sans ton amour?

Je t'espère chaque jour,

Te revoir, délicieux tourment

Quand j'te vois

Mon coeur prend son élan

 

Je ne te dirai pas

Les p'tits mots fatidiques

Près de toi je n'sais pas

J'n'entends plus la musique

Je te le dis

C'est toute ma vie

Comment ça va finir

Si tu m'ouvres les bras?

Je ne vais pas te fuir

Je n'attends plus que ça

 

Déjà mes sentiments m'échappent

Cruelle étape

Crois-tu que je saurais un jour

 Vivre sans ton amour?

Je t'espère chaque jour

Te revoir, délicieux tourment

Quand j'te vois...

Il n'y a plus que toi

 

Voilà mes sentiments dérapent

Sublime étape

Crois-tu que je pourrais un jour

Vivre avec ton amour?

Je t'espère chaque jour

Te revoir, délicieux moment

Quand j'te vois

Il n'y a plus que toi!





 

 

 

MA CRISE (c'que j'veux)

 

 

Je t'dis que j'en veux plus

D'cet' vie qu' j'ai pas voulue

J'te dis qu'c'est foutu

Ma partie est finie, ticket perdu

Je te dis que j'en veux plus

De cet' vie qu' j'ai pas voulue

Contresens et mots confus

J'en veux plus!

 

 

Je n'suis plus qu'un con, / un fauteur de crise

 

Mon programme s'enlise, ça crée la surprise

 

J'me suis bien perdu, où sont les balises?

 

Pour m'sortir de là, faut que j'm'organise

 

Ma vie est à moi, pour que j'la construise

 

Il'm'faut l'matériel, et qu'ça m'énergise

 

 

Je t'dis que j'en veux plus

D'cet' vie qu' j'ai pas voulue

J'te dis qu'c'est foutu

Ma partie est finie, ticket perdu

Je te dis que j'en veux plus

De cet' vie qu' j'ai pas voulue

Contresens et mots confus

J'en veux plus!

 

 

J'f'rais pas un pas d'plus dans vos chemins tordus,

Au risque du drame, j'veux trouver ma voie,

Ecouter mon âme, et suivre sa loi...

Quand j'dors éveillé, je la vois briller

Comm' pour me guider là où j'dois aller,

Sur le ch'min du coeur tant que je pourrais.

 

 

 

J'te dis ce que j'veux

Une vie où j'me sente mieux.

J'te dis que j'fais mon jeu

Je mise ma vie... sur cet enjeu.

j' te dis ce que j'veux

Une vie où...je me sente mieux.

C'qui fait sens à mes yeux

C'est c'qu'j'veux!

 

 

 

La femme de Barbe-Bleue

 

 

 Tu crois que tel baron

Qui fût si bon garçon

Mais un peu polisson,

A donné son illustre nom

A une femm' privée de son?

Elle nous donn'le ton...

 

(sur air de « Promenons-nous dans les bois ») 

 

Viv' la femme de Barbe bleue

Elle a fermé les yeux

Elle a jeté la clé

Pour ne pas être tentée

Elle a jeté la clé

Pour ne pas être tentée

Crénom de bleu

A la barb' de Dieu.

 

 

Aux Etats Unis

Crois-tu qu'il a ri

L'homm' qui fut démis

Pour une p'tite gât'rie

Mêm' s'il a menti

Sa femme a choisi...

 

 

 

Viv' la femme de Barbe bleue

Elle a fermé les yeux

Elle a jeté la clé

Pour ne pas être tentée

Elle a jeté la clé

Pour ne pas être tentée

Crénom de bleu

A la barb' de Dieu.

 

 

Tu crois que l'enfer

A sa porte sous terre?

Que dis-tu aux mères

De famille nucléaire

Réduites à se taire

Sous la loi du père?

 

 

Viv' la femme de Barbe bleue

Elle a fermé les yeux

Elle a jeté la clé

Pour ne pas être tentée

Elle a jeté la clé

Pour ne pas être tentée

Crénom de bleu

A la barb' de Dieu.

 

 

Qui suis-je pour juger

Mêm' si je peux penser

Qu'il faut évoluer?

Moi j'ai l'coeur entier

Tout prêt à aimer

Ton coeur plein de secrets

 

 

Comm' la femme de Barbe-bleue

Qui a fermé les yeux

Je jetterai la clé

Pour ne pas être tentée

Je jetterai la clé

Pour ne pas être tentée

Je veux t'aimer

Pas te juger

Jouer le jeu

A la barb' de Dieu.

Je veux t'aimer

Pas te juger

Jouer le jeu

A la barb' de Dieu.

Jouer le jeu

A la barb' de Dieu.

 

 

 Différences



Marche bizarre, allure décalée

C'est sûr que le programme a bugué

Il n'a rien de normalisé

Même sa famille l'a écarté

Car ce qu'il fait, il le fait comme personne

En ne comprenant rien aux gens qui raisonnent

Si les habitants parlent entre eux

C'est pas pour en faire un heureux

Tout le monde se détourne de lui

Et il en souffre, c'est pas une vie

 

Mais il suffit d'une seule présence

Pour que ça devienne une évidence

On se nourrit de nos différences

Par la connaissance

 

Avec ses yeux qui rêvent de ciel

Sa passion fait son potentiel

Mais dès qu'il casse trop de vaisselle

Ses compagnons se font la belle

Car ce qu'il fait, il le fait comme personne

En ne comprenant rien aux gens qui raisonnent

Si les habitants parlent entre eux

C'est pas pour en faire un heureux

Tout le monde se méfie de lui

Et s'il est seul, c'est pas une vie

 

Mais il suffit d'une seule présence

Pour que ça devienne une évidence

On se nourrit de nos différences

Par la connaissance

 

Dans son domaine, il vit à fond

C'est ça qui lui donne des frissons

Inutile de lui demander

De travailler sans intérêt

Car ce qu'il fait, il le fait comme personne

En ne comprenant rien aux gens qui raisonnent

Si les habitants parlent entre eux

C'est pas pour en faire un heureux

Tout le monde plaisante de lui

Et il l'ignore, c'est ça sa vie

 

Mais il suffit d'une seule présence

Pour que ça devienne une évidence

On se nourrit de nos différences

Par la connaissance

 

TEXTES DE JOËLLE EYMERY

Ce ne sont pas la totalité des textes de Joëlle sur lesquels j'ai composé et qui sont pour un grand nombre entré dans mon répertoire, loin de là. Je cite les textes qui ont été écrits pour moi, influencés par moi.

 

 MIEL ET FIEL

 

 

Un jour, je lui fis lire Miel, et connaissant mon histoire qui l'émouvait, elle en fit ce texte, moins « mielleux », enfin mellifère !

 

 

 

Tandis qu'ton doux nom brûle mes lèvres

Et lors que je goûte la saveur de son miel

Je suis atteint d'une étrange fièvre

Quelqu'un y a jeté son fiel

 

Que l'émerveillement de l'enfant perdure

Et que la ruche reste sans alarme

Je continuerai, je te le jure

De pleurer de divines larmes

 

Si l'abeille a invité la coccinelle

A butiner toutes les fleurs

C'est qu'elle préfère le sucré du miel

A l'amer de la rancoeur.

 

Et je continuerai, éternel amoureux

A chanter avec mon cœur et mon âme

Même si certains en d'autres lieux

Ne comprennent rien et condamnent

 

 

Ton doux nom brûle encore mes lèvres

Et je goûte la saveur de ton miel

Je suis atteint d'une étrange fièvre

Quelqu'un y a jeté son fiel...

 

Dans les immenses champs de fleurs

Je me repais en toute innocence

Les ruches chantent le bonheur

C'est le sucré de notre enfance.

 

 

 

APRÈS VINGT ANS

 

 

Était-ce le bon moment

De te revoir après vingt ans

Toi la petite fille aux yeux touchants

Au départ de ta grand maman

Dans ton regard comme un recueillement

Entre tristesse et joie scintillement

J'aurais voulu te faire serment

D'amour mais en l'instant

Ça me parut inconvenant

J'attends évadé du temps

Toi petite fille je t'attends

Et tristesse va t-en

 

 

 

 

 

 

L'écorché vif

 

 

Elle me présenta un soir ce texte que je me doutai toute suite écrit pour moi en pensant à moi, comme ça avait été le cas pour Le Prince de Marie Duval, mais contrairement à cette dernière elle s'en défendit, par pudeur sans doute. Bref ! je trouvai en vain un air. Le lendemain matin, il était trouvé. L'harmonica s'associa à l'émotion et la servit avec ma voix.

 

De quelle planète venait-il

Il n'en savait rien lui-même

Il était pourtant très habile

Pour chanter « Je t'aime »

 

L'écorché vif, ce malheureux chronique

Dans ses yeux plein d'étincelles

Valet de trèfle, valet de pique

Et le cœur viendra pour elle

 

Il a surgi sa guitare en bandoulière

Des fleurs dans les cheveux

Il ressemblait à mon grand frère

Celui qui avait rejoint les cieux

 

Je l'ai vu comme un enfant sauvage

Un animal encore jamais dompté

Il n'avait rien dans ses bagages

Sauf ses mélodies pour chanter

 

Et il est reparti comme il est venu

Emportant avec lui quelques étoiles

De ses rêves on n'a jamais rien su

Il n'en a pas levé le voile

 

 

 

 

L'oreille dans le blues

 

Joëlle m'offrit cette chanson en me la dédiant : « A mon frère Poissons » (mais pas pâmé, enfin si devant son texte qui me parut d'abord trop hermétique). Je venais de lui apprendre ma particularité autistique. J'en fis une chanson en prenant un couplet comme refrain. Comme je fais souvent avec mes propres textes.

 

 

Les solitaires égarés

Ont les yeux qui brûlent

Ils sont si esseulés

Prisonniers dans leur bulle

Leur cri est silencieux

Comme le pas dans la neige

Et nul, à part eux, n'entend le sortilège

 

 

C'est le soir incertain

Où les ombres s'épousent

Du vide dans la main

L'oreille dans le blues

 

 

Ils contemplent la nuit

Écoutent le silence

Ne voient pas l'astre qui luit

Empli d'insolence

J'aimerais leur dire

Que l'hiver n'a qu'un temps

Et qu'il leur faut sourire

Pour attendre le printemps

Que rien ne dure ici bas

Ni le jour ni la nuit

Ni le plus dur des combats

Ni le temps qui s'enfuit

La douleur d'aujourd'hui

Sera demain un souvenir

Ton cœur d'hiver meurtri

Retrouvera bientôt le sourire

 

 

 

 

Les moules-frites du bord de Loire

 

ce texte humoristique devenue chanson fut sauvé par la suppression d'indication de lieu. On sait juste que c'est au bord de la Loire. J'ai ajouté aussi un épilogue bien senti...

 

 

J'ai suivi un joueur de guitare

Un baladin au doux regard

Sur un bien joli site

Tout était bon, sauf les moules-frites !

 

LALALA

 

I' m'fit marcher tout l'long d'la Loire

J'étais fatigué, il était tard

Devant ma mine déconfite

I' m'proposa un bon « moules-frites »

 

LALALA

 

On a bien ri de tout et jusqu'à tard

Sur ce chemin de bord de Loire

Mais si une certaine force m'habite

Ça ne vient pas de son « moules-frites » !

 

LALALA

 

Les soirs d'ennui, les soirs d'brouillard

On peut toujours aller en bord de Loire

Mais c'est ainsi les choses sont dites

Faut pas y manger des «moules-frites » !

 

LALALA

 

Ah ce qu'ils sont dégu' ceux d'la Dinette

Faut pas y aller les soirs de fête

Les frites sont moll' les moules se marrent

Ell' s'ramassent pas en bord de Loire

 

LALALA

 

Vous qu'n'êtes pas nés d'la dernière averse

Doutez-vous bien qu'dans l'délire je verse

N'ayez crainte l'anecdote est belle, mais l'fait rare

Pouvez dégustez tranquill' des moules-frites en bord de Loire !

 

LALALA

 

 

Je t'aime infiniment

 

 

Un texte de Joëlle très poétique et lyrique qu'il m'a fallu beaucoup remanier pour pouvoir la chanter. Merci à elle pour son abnégation.

 

 

 

Je t'aime dans l'herbe fraîche, matinale

Dans la lumière qui point sur l'alentour

Dans l'envoûtant chant des cigales

Et la rivière qui chante au point du jour

 

Je t'aime dans le soleil qui darde ses rayons

Dans la brise exhalant parfums de fleurs

Dans les feuillages aux tendres chansons

Et sur la terre déployant ses couleurs

 

Je t'aime au crépuscule qui rosit l'horizon

Quand le monde s'apaise se fait silence

Quand les oiseaux roucoulent leurs émotions

Et l'étang devient magnificence

 

Je t'aime à l'heure où le jour jette sa mue

Dans le ciel s'allumant de milliers d'étoiles

Dans la lune jouant les ingénues

Et dans le nuage qui tendre se dévoile

 

Je t'aime à toute heure et chaque minute

Dans les douces empreintes des pas qui s'effacent

Dans les notes de guitare et de la flûte

Dans le temps arrêté ou le temps qui passe

 

 

Je t'aime infiniment

 

 

 

 

 Trois poèmes d'Arthur Rimbaud

 

 

 Ce sont des poèmes que j'affectionne particulièrement de lui et sur lesquels j'ai composé. D'ailleurs ils ont rejoint ma Boîte magique à chansons regroupant toutes mes compositions qu'elles soient sur des textes miens, de Marie Duval, de Joëlle Eymery, illustres inconnues, ou de poètes célèbres. Ma Bohème est ma préférée peut-être, ma composition très différente de celle de Léo Ferré que j'apprécie. J'ai composé Le dormeur du val à Roche où le poète a vécu, je me sentais dans le val en question. Sensation, c'est le lyrisme absolu en deux quatrains. Enfin ce sont trois bijoux.

 

 Ma Bohème (fantaisie)

 

 

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

 

 

 

Sensation



Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

 

 

 

 

Le dormeur du val



C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

 

 

 

 

 

 Poème de conclusion

 

 

Le Petit train

 

 

Il m'a semblé bon de clore ce chemin en chanson en votre compagnie par ce poème, l'un de mes plus anciens, datant de 1995, parce qu'il est celui qui se rapprocherait le plus d'une chanson. J'appelai ça un leitmotiv (parce que locomotive...), mais ne pourrait-ce pas être aussi un refrain ? Ce poème pour enfant a été un peu influencé par la lecture de Paroles de Jacques Prévert que m'avait offert ma mère. Je l'écrivis dans un train, revenant de mes « trois jours » à l'armée. J'ai été exempté du service militaire de justesse après avoir fait trois fois appel, et grâce à un ancien colonel. En revanche, je me suis vite rendu compte que j'étais haut la main apte pour la poésie.

 

 

 

Dans le train

Dans le train

Qui cours qui cours

Destination Lamour

Destination Destin

Je dessine

Je fais un dessin

 

Rapidement

Si rapidement mes enfants

Que je n’ai pas le temps

De faire un grand un beau très joli dessin

C’est à cause du train

Parce qu’il va vite

Parce qu’il va loin

Parce qu’il file comme un lapin

Il est coquin le train

Il ne veut pas s’arrêter un peu

Pour que j’dessine la meumeu

Là-bas là-bas

Dans le champ qui s’en va

Il est coquin le train

Qui va va et va

Plus vite que ma main

Plus vite que mes doigts

Plus vite que toi

Qui lis à petite voix

Cette chanson pour toi 

 

Dans le train

Dans le train

Qui cours qui cours

Destination Lamour

Destination Destin

Je dessine

Je fais un dessin

 

Mais maintenant mes enfants

Si lentement mes enfants

Que j’ai tout mon temps mes enfants

De faire un grand un beau très joli dessin

Pendant que le train mes enfants

Va vite va loin mes enfants

Qu’il file comme un lapin mes lapins

 

Oh ! il bouge un petit peu

Mais c’est si peu si peu de choses

Un train qui remue un peu

Un train qui remue l’arrière-train

 

Allez les enfants

On chante la chanson du p’tit train ?

 

Dans le train

Dans le train

Qui court et court

Destination Lamour

Destination Destin

Je dessine

Je fais un dessin

 

Oui vous avez compris

Que pour un dessin réussi

Il faut dessiner avec la tête

Et non avec les yeux

Il faut dessiner avec le cœur

Et non avec la main

Parce qu’il suffit d’imaginer

Un petit peu

D’aimer les choses

Un petit peu

D’aimer le vie

Un petit peu

Pour faire un dessin

Qui compte beaucoup

Qui vaut le coup

Même « vilain »

 

Allons, allons mes infints

Chantons chantez le refrain

 

Dans le train

Dans le train

Qui cours qui cours

Destination Lamour

Destination Destin

Je dessine

Je fais un dessin

 

Et tant pis s’il est « vilain »

Peu importe son destin

Ce qui compte c’est l’ Amour

L’Amour l’AMOUR de toujours

Le reste ce n’est rien Mais rien mais rien

Rien qu’un petit train.