Des Bêtes et des Hommes 

 

album thématique

 

 

textes : Aube de l'Etoile, Marie Duval, Joëlle Eymery, Charles Baudelaire, Charles Cros

 

 

 

 PETITE HISTOIRE D'ESCARGOTS

(Texte : Marie Duval ; composition : Aube de l'Étoile)



Un somptueux petit conte philosophique de Marie Duval qui est devenue la chanson la plus chantée avec La Vague. J'ai juste ajouté au texte un Oh escargot ! propre à dynamiser la chanson et à faire participer le public.

 



 Il était une fois deux escargots,

 Chacun cheminait, sa coquille au dos.

 L'un avançait vers l'orient,

 L'autre s'en allait vers le couchant.



 Or voici qu'un jour ils se rencontrent,

 Ils se voient en miroir l'un face à l'autre.

 Alors chacun se questionne

 Qui suis-je? Et cet autre qui m'étonne?



   Belle question existentielle,

Des deux escargots

 Qui est la plus belle,

Quel est le plus beau?

 

Oh escargots !

Oh escargots !

Oh escargots ! Oh

Oh escargots ! Oh

Oh escargots ! Oh

Oh escargots!

 

Puis de leurs chants, ils savourent le miel.

 De leurs sagesses, ils goûtent la fleur de sel

 Et secrètement en accord,

 Dans leur corps, un philtre s'élabore.

 

 En quête d'eux-mêmes, ils se sentent aimés,

Ils échangent leurs jeux, leurs identités,

 Ils se perdent pour se trouver

 Avant que de se regarder.



Chacun voit en l'autre son Bien-Aimé

 Tant et si bien qu'il conquiert l'unité

 Jusqu'à devenir complet

 En sa coquille, bien intégré...

 

 Belle question existentielle,

Des deux escargots

 Qui est la plus belle,

Quel est le plus beau?

 

Oh escargots !

Oh escargots !

Oh escargots ! Oh

Oh escargots ! Oh

Oh escargots ! Oh

Oh escargots!



 Ce qu'il advint de nos escargots,

 Du levant au ponant, il n'est dit mot,

 Mais les escargots depuis

 Sont "hermaphrodites" comme on dit.

 

Alors si d'aventure vous croisez

Deux escargots tendrement enlacés

Ce n'sont ni mâle ni femelle

Des deux ils ont le potentiel !



 Belle question existentielle,

Des deux escargots

 Qui est la plus belle,

Quel est le plus beau?



 Belle question existentielle,

Des deux escargots

 Qui est la plus belle,

Quel est le plus beau?

 

Oh escargots !

Oh escargots !

Oh escargots ! Oh

Oh escargots ! Oh

Oh escargots ! Oh

Oh escargots!

 

 

 CHANSON DES PALMIPEDES



Cette autre chanson de Marie Duval utilise le langage des oiseaux, autant dire qu'elle est sybilline, mais par mon interprétation, j'en fais passer la quintessence qui se trouve heureusement distillée dans le refrain.



 Sur mon p’tit bonhomme de ch’min

La p’tit oie m’faisait faut bond

Quand j’ai vu dans le lointain

Un volatil à poil blond

L’bestiau marchait en canard

Moi qui n’leur casse pas trois patt’s

J’lui ai montré ma guitare

Et mon élevag’……. de cantat’s



Quoi ? Tu l’crois pas ?

Les oiseaux drôles ou pas

Tout comm’ toi…a-a

Avant j’n’y connaissais rien

Maintenant écoute bien

Écoute bien hein hein….





En fait c’était d’la belle oie

Parlant l’langage des oiseaux

Tout’ ouïe j’dédal’ dans son pas,

J’suis pas bêt’ et encore beau.

De sa plume elle me fait sign’

Et sa cocotte en papier

Battant des ail’s, devient cygn’

J’avais l’bon………pédigree



Quoi ? Tu l’crois pas ?

Les oiseaux drôles ou pas

Tout comm’ toi…a-a

Avant j’n’y connaissais rien

Maintenant écoute bien

Écoute bien hein hein….



Elle m’a montré des étoil’s

J’lui ai conté des histoir’s

Du jour où j’mettrai les voil’s

Sur l’nord d’une croix de cygne pour phare.

Fleur ou fruit la mettent en joie(e).

Au cœur des palm’s, moi je l’aide

C’est pas du tout c’que tu crois,

C’qui fait Loi c’est………l’palmipèd’…



Quoi ? Tu l’crois pas ?

Les oiseaux drôles ou pas

Tout comm’ toi…a-a

Avant j’n’y connaissais rien

Maintenant écoute bien

Écoute bien hein hein….



Quand j’vois s’envoler les grues,

Ça m’donn’ de sacrées idées

J’taille des étoiles en pomme crue,

Et le mond’ se met à tourner

Sur l’axe d’une fleur d’printemps,

Des astres font des pas d’géants

En groll’ qui arrêt’ le temps

Pour les purs aux…… âmes d’enfants.



Si tu m’crois

T’es un drôl’ d’oiseau toi

Tout comme moi

Allons faisons connaissanc’

Sinon je recommenc’… je recommence…

La la la la la la la la la la….











MAMAN ET SON ÂNE

 

Une sorte de chanson bretonnante avec harmonica qui sonne le voyage et un allant, une certaine rage de vivre. On se souviendra de Tilata...





Maman maman

À 60 ans

N’a pas besoin de canne

Maman maman

À 60 ans

A juste besoin d’un âne




Hi-Han Hi-Han

Ma a man ma a man

Hi-Han Hi-Han

Droit de…evant



Maman est assez âgée

Pour voyager

Et l’âne assez enragé

Pour la supporter



Hi-Han Hi-Han

Ma a man ma a man

Hi-Han Hi-Han

Droit de…evant



Allez mon Claude

De la Bretagne à l’Aude

On va faire bon ménage

Fais pas la tête

T’es une bonne bête

Et moi un bon bagage



Hi-Han Hi-Han

Ma a man ma a man

Hi-Han Hi-Han

Droit de…evant

 (2007)

 

 

 

 

 CHAT PAS CHAT PACHA

 

Qui n'a pas été exaspéré par un chat? Celui-ci qui m'a inspiré était noir et blanc. C'est à dire comme les humains globalement gris.

 

 

Le chat c'est le pacha de nos maisons

Il ne chasse plus les souris Il a raison

Boulettes croquettes de boeuf ou de poisson

Est-ce qu'on irait travailler

Si tout nous était donné

On travaille pour lui, c'est le paradis

S'il travaillait pour nous, ah pardi!

On s'rait pacha plus que lui

On s'rait chat pas chat pacha

 

Le chat c'est le ronron de nos maisons

C'est sa chanson

Parfois il miaule la queue en l'air

C'est qu'il en a dans la cafetière

Point d'interrogation

Donne-moi à manger, ouvre-moi la porte

T'auras ton ronron de la sorte

J'te promets ma berceuse pour dormir

Qui est plus pacha que moi, admire!

Toi le pas chat pas pas pas pas pas...  pas pacha!


                                                                     (2014)




KAZAN

 

 Un hommage à un chien, humblement je n'en connais de plus beau. Remarquez que si les refrains sont en rimes embrassées, les couplets sont en rimes croisées...



Il était un petit chien croisé

Loulou bichon papillon

Oui question d’identité 

Il en tenait un rayon

 Loulou voilà son côté loup

Bichon voici son côté câlin

Papillon son côté tout fou

Et tout ça fait un refrain… – Ouaf- ouaf !

 

C’était un p’tit chien blanc

Qui s’appelait Kazan

Trois quarts humains, un quart chien

Trois quart chien au cœur humain

C’était un p’tit chien blanc

Qui s’appelait Kazan

Trois quarts humains, un quart chien

Trois quart chien au cœur humain



 Ah ! C’qu’il donnait du bonheur

 Une vie menée par la baballe !

 C’bâtard d’chien c’qu’il était joueur  

Fallait un rien pour qu’il s’emballe

 Ah l’bâtard c’qu’il aimait s’promener

 Peu importe avec mon père ou moi

 C'qu’il menait par l’bout du nez  

La vue d’la laisse l’mettait en joie

 – Ouaf-ouaf-ouaf !

 


C’était un p’tit chien blanc  

Qui s’appelait Kazan

 Il était un p’tit peu con  

Mais moins con que mignon !

 C’était un p’tit chien blanc

 Qui s’appelait Kazan

 Il était un p’tit peu con  

Mais moins con que mignon !

 

Malheur quand l’papillon ’tait en rut

 Il s’échappait – vive les copines

 Ah ! c’qu’il aimait jouer d’la…

Ah quelle vedette de la rue !

 Le bonheur quand on l’embêtait

 Rien qu’pour entendre ses grognements

 C’était not’ bêtise qu’il fêtait  

Quand on lui frictionnait le flanc

Grrr…grrr…grrr...



 C’était un p’tit chien blanc 

Qui s’appelait Kazan

 Il était un peu chaud lapin 

Et nous d’drôles de copains

 

On l’a vu gros comme un cochon 

Comme not’ cochon d’Inde Jacquo

 Le poil long comme le bichon

Puis tondu, maigre comme un agneau

 Mais qu’est-ce qu’il était musclé  

Par une auto il fut bousculé

 Fracture bassin problème prostate  

Un mois après remis sur pattes

Ouaf ! ouaf !



 C’était un p’tit chien blanc

 Qui s’appelait Kazan

 C’était un vrai Hercule  

Pas question qu’on l’en…

 C’était un p’tit chien blanc  

Qui s’appelait Kazan

 C’était un vrai Hercule  

Pas question qu’on l’en…

  

Malgré son blues de klébar

Et sa souffrance avant l’Départ

 Quel soif de vie il avait  

Il était chiant mais c’qu’on l’aimait !

 C’était l’meilleur ami d’mon père  

Après lui j’étais le plus chéri

 Il a senti l’heure d’quitter cette vie

 « Cette vie d’chien c’était super ! »

Ouaahou !

 


C’était un p’tit chien blanc

 Qui s’appelait Kazan

 Il a soulagé la terre 

D’un peu de notre misère

C’était un p’tit chien blanc

 Qui s’appelait Kazan

 Il a soulagé la terre 

D’un peu de notre misère



J’revois la reine de ses mimiques

 Quand on lui posait une question

 La tête penchée posant question

 Mon Dieu ce qu’il était comique !

 Maintenant il est en son paradis

 Tout plein d’os et de femelles

 Il a fini d’souffrir, pardi !

 Il m’la dit par un E-mail…

Ou-ou-ou-ou-ou-ou…



 C’était un p’tit chien blanc

 Qui s’appelait Kazan

 Il est parti à 13 ans

 En fait à 91 ans

 Ah c’que t’as bien vécu

 Merci d’tavoir connu

 Allez grattes, cuivres et percus

 Allez portez-le aux nues



  (2007)



 

L'OTARIE

 

Joëlle Eymery, ma seconde poétesse, je la connaissais pour ses textes romantiques ou tragiques. Un jour, je lui demandai d'écrire une chanson pour moi. Elle me demanda le thème. Je dis Les otaries. Dix minutes après, elle me fit cadeau de ce texte. Pour le parfaire et pour en faire la meilleure chanson possible à partager en public, j'ai apporté de mineures modifications et ajouté un couplet, après avoir vu un spectacle d'otaries...

 


L'aut' a ri comme un phoque

Il a chanté du rock

Saute saute saute otarie

Tu n'as jamais autant ri

 

Ils sont tous dans le bassin

Dansant jouant comme des chiens

Et le public est venu

Applaudir ces bêtes nues

 

Le phoque a ri comme l'otarie

Et ils se sont dit:

"Je t'aime, tu me ressembles

Je te vois et je tremble"

 

Ils sont tous dans le bassin

Dansant jouant comme des chiens

Et le public est venu

Applaudir ces bêtes nues

 

 Nous sommes des animaux comiques

Dans l'eau c'est magique

L'homme joue avec nous

Il ne nous cherche pas de poux

 

Ils sont tous dans le bassin

Dansant jouant comme des chiens

Et le public est venu

Applaudir ces bêtes nues

 

 Paraît qu'on a une haleine de phoque

Les tard matins où ça bloque

On dort pourtant comme des enfants

Et l'après-midi on s'fait les dents

Avec du poisson soufflant nos numéros - et toc!

 

Ils sont tous dans le bassin

Dansant jouant comme des chiens

Et le public est venu

Applaudir ces bêtes nues

 

 

ôôô- t'a ri comme l'aut' a ri

Et je n'ai jamais autant ri

Clown cabotin sur mon perchoir

J'applaudis de mes nageoires

Allez, viens dans mon bassin d'eau pas tarie

Et mange ce poisson pas farci 

  • Oyez!

 Ils sont tous dans le bassin

Dansant jouant comme des chiens

Et le public est venu

Applaudir ces bêtes nues

 



MONSIEUR ROBERT EST ORNITHO



Une chanson enfantine et une sorte d'inventaire animalier, surréaliste, fantaisiste, mettant en route l'imagination. Les couplets ont été plusieurs fois remaniés, la dernière fois à l'occasion de l'enregistrement de « Des Bêtes et des hommes ».

 

 

Monsieur Robert est Ornitho

Il adore les oiseaux

Tout les jours il se lève tôt

Et à la fin fait les totaux

De tout ce qu’il a vu

Robert a tout vu

 

 

Une poule à quat' pattes

Un aigle poilu

Une tourterelle tomate

Un héron cornichon

Une colombe chantant Christophe

Un hibou de français prof

Un vautour en décapotable

Il se régale comme un diable

Mais pour voir tout ça faut s'lever tôt

 

 

Monsieur Robert est Ornitho

Il adore les oiseaux

Tout les jours il se lève tôt

Et à la fin fait les totaux

De tout ce qu’il a vu

Robert a tout vu

 (parlé:) Qu'est-ce qu'il a vu monsieur Robert ?

 

Une pie trayant les vaches

Un troglodyte pas mignon

Une mouette gazeuse

Une cigogne tournant en rond

Un moineau à cravate

Un canard à lunettes

Un corbeau tout vert

Sacré bestiaire monsieur Robert

Pour voir tout ça faut s’lever tôt

 

 

Monsieur Robert est Ornitho

Il adore les oiseaux

Tout les jours il se lève tôt

Et à la fin fait les totaux

De tout ce qu’il a vu

Robert a tout vu

 (parlé:) Qu'est-ce qu'il a vu encore monsieur Robert ?

 

 

Un chat-huant botté

Une hirondelle pirate

Un faucon étoilé

Un coucou dilate-rate

Un épervier torpilleur

Un cygne skieur

Une alouette prout prout

Un vrai catalogue de la redoute

Mais pour ça faut s’lever tôt

 

Monsieur Robert est Ornitho

Il adore les oiseaux

Tout les jours il se lève tôt

Et à la fin fait les totaux

De tout ce qu’il a vu

Robert a tout vu

 (parlé:) Qu'est-ce qu'il a vu monsieur Robert encore?

 

 

Un pélican qui fait du rock

Une autruche à bicyclette

Une mésange magicienne

Une pintade infirmière

Une oie qui joue au foot

Un kiwi du wékélélé

Pour voir tout ça faut pas être fûté

Il suffit d'imaginer

 

Monsieur Robert est Ornitho

Il adore les oiseaux

Tout les jours il se lève tôt

Et à la fin fait les totaux

De tout ce qu’il a vu

Robert a tout vu...

Robert a tout vu...

Robert a tout vu...

Robert a tout vu...

 

 

(parlé:)

On aurait pu dire aussi

Un bigorneau huppé

Une crevette à long bec

Une écrevisse à boulons

un castor de luxe Pollux

Un poisson d'avril-mai-juin

Un sanglier tout rose foi de cochon

Sur une patte comme le flamant rose

Et ailé comme une pastèque

Mangeant des chansons

Feuilleté comme des chaussons

Pour voir tout ça faut être pas être futé

Il suffit d'imaginer...

  (2008)

 

 

 

 

 

DANS MA MAISON

 

 C'est ma toute première chanson, jouée sur un accord, le La mineur. Elle est loufoque. C'est sûr que c'est pas du même niveau que les textes de Marie Duval, ou de La Vague... (Ah !Grand écart, quand tu me tiens !), mais elle a sa place. Pour beaucoup, son humour pourra être jugé de mauvais goût parfois, pour les autres, sans doute minoritaires et parmi eux des drôles d'oiseaux comme moi, ce sera jubilatoire ; on ne peut pas plaire à tout le monde et ça tombe bien puisque je ne fais pas pour plaire à tout le monde...

 

Dans ma maison y a un tas de mouches

J’en met tout plein dans ma bouche

Je sais que vous trouvez ça louche 

Mais j’ m’en fouche !

 

Dans ma maison y’a plein d’ moustiques

À force de les voir ça m’ donne des tics

Alors j’en fais des élastiques

En fin de compte ces bébêtes sont fantastiques

 

Dans ma maison y a plein de cafards

C’est pas pour rimer mais ça m’fout le cafard

Alors pour pas peur j’ leur donne des noms de lézard

Genre Gérard, Giscard out tout simplement Bizar

 

Dans ma maison y a plein d’araignées

J’ai rien trouvé mieux qu’ d’en faire des beignets

Rassurez-vous dans l’huile elles adorent se baigner

Elles chantent Araignégné araignégné

Dans ma maison y a un tas de puces

Quand j’ fais pipi en plus

Y en a qui sortent de mon prépuce

Mais l’ pire c’est que quand j'pète ça puce

Dans ma maison y a plein de punaises

Quand ça pu trop, j’dis « punaise ! »

Alors j’en fais d’la mayonnaise

En chantant la Javanaise (ou la Marseillaise ?)

 

Dans ma maison y a plein d’ souris

Sans faire de jeu de mots j’ leur souris

Et elles aussi me font des souris

Quand j’ les soûle avec d’ l’alcool de riz

 

Dans ma maison y a un tas d’chats

Avec eux je danse le tcha-tcha-tcha

Leur mot préféré c’est « Rachat »

Et elles adorent jouer au rachacha

Dans ma maison j’ai tout tout plein d’ chiens

Ils ont vraiment une vie d’ chien

P’is c’est tellement con un chien

Qu’ y a même pas de rime en « chien »

(sauf pour les chiens autrichiens !)

 

 

 

 Le garçon et le bourdon

 

Il me manquait une chanson pour mon album, je pensai à cet ancien poème mien datant de 1996, que j'ai un peu prolongé après « baiser », car on comprenait mal le sens, sinon, et pour la « morale ». Enfin, voilà un petit « conte cruel »qui est en réalité une fable. Ça vient de loin...

 

 

Un petit garçon

A peine plus grand que l’herbe

S’amusait aux plus beaux jours de l’été.

Des fleurs, il faisait des gerbes,

Mais bien plus des bébêtes parsemées.

 

Un jour, il choisit pour cible

Tous les bourdons visibles,

Tous les bourdons impossibles.

Ces bébêtes étaient bien embêtées.

 

A la fin, c’étaient des petits tas.

Des tas jaunes et noirs, des tas

Qui étaient parsemés.

L’enfant les écrasaient avec ses pieds.

 

Quand de la chasse il fut content,

Il s’accroupit devant eux comptant :

Un… deux… trois…

Dix… vingt… cinquante…

Aïe !… Il en avait presque cent !

Le centième l’avait piqué.

 

De ce jour-là, il a grandi.

Et ce fut là, mes ami(e)s,

Son tout premier Baiser…

 

Oui, c'est ainsi qu'un bourdon

Lui donna sa première leçon

La vie est comme ma chanson

Elle nous apprend à être moins con

On peut même devenir plus bon

Comme le p'tit garçon

Grâce au bourdon.

 

(2004)

 

 

Le fado du crapaud

(d'après Le Crapaud de Charles Cros)

 

 Rencontre entre le décès de Césaria Evora que j'appris et la lecture d'un poème de Charles Cros, poète français du XIXème siècle. Pour les puristes, ceci n'est pas un fado, mais est inspiré de son esprit. En revanche, ceci est un conte, c'est sûr. Et des plus universaux. Je viens d'apprendre qu'un certain Jean Marie Loubry en a fait une composition, mais ne la connaît pas et je crains qu'elle manque de force à mon goût, à l'aune de ce que j'ai entendu de lui...

 

 

Jadis au fond d'un marécage
habitait un jeune crapaud
Les habitants du voisinage
disent que c'était un fier coco
Au cinquième étage d'une Citrouille
d'amour gémissait dans sa peau
Un' pauvre et modeste grenouille
Qui chantait J'aime mon crapaud
popo
Que j'aime mon crapaud.

Or ce jour-là c'était la fête
c'était la fête du quartier
allons crapauds que l'on s'apprête
un crapaud va se marier.
Notre grenouille apprend la chose
et puis elle sortit de l'eau
pour y pleurer sur une rose
le mariage du crapaud
popo
Que j'aime mon crapaud.

 

 Et puis devant monsieur le maire
on vit bénir les mariés,
et repas et bal terminèrent
ce que l'maire avait commencé.
A minuit passa la patrouille
un caporal et 4 crapauds
Qui écoutèrent la grenouille
qui chantait J'aime mon crapaud
(popo

Que j'aime mon crapaud)

Puis ell' se jeta dans la mare
Pour terminer ces tristes jours !
tout en grattant sur sa guitare
et se plaignant de ses amours
puis remonta dans sa citrouille
à peine arrivée dans le haut,
qu'ell' creva, la pauvre grenouille
en chantant J'aime mon crapaud
popo
Que j'aime mon crapaud




                                                                        L'Albatros



C'est la chanson des Asperger et des Haut-Potentiel. Baudelaire devait en être ! Ce chef-d'oeuvre de la poésie a été entre autres mis en musique et chanté par Léo Ferré. L'originalité de ma version tient principalement dans le refrain que j'ai osé ajouter, rien que trois mots : « Oh les albatros... oh les albatros... », etc. C'est aussi, musicalement, la plus complexe de mon répertoire. Une chanson casse-gueule ! Mais le défi est relevé.



Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.





Les Chevaux

(texte: Joëlle Eymery, composition: Aube de l'Etoile )



On se rend mieux compte ici de la qualité poétique des poèmes de Joëlle Eymery. J'ai juste remplacé «robe » par « âme ». Étant homme... il me fallait comme elle pouvoir m'identifier pour la chanter. Sinon il aurait fallut tout mettre à la seconde personne du singulier. Pour le reste, l'harmonica a inventé le refrain. Autant j'aime cette chanson, autant elle est difficile à partager dans un centre équestre, je trouve...




Vous étiez dans une grande prairie

Crinière au vent les yeux fous

Lorsque solitaire je vous vis

Et eu envie de me mêler à vous

 

Vos sabots hurlaient d'impatience

Et dans la poussière que vous souleviez

J'y voyais la vie et l'insouciance

En des nuages de fumée

 

J'ai fini par ouvrir la barrière

Et en un élan vous vous êtes échappés

Et moi l'âme légère

Je suis resté je suis resté

 

Soudain j'ai vu des ailes sur vos flancs pousser

Et vous êtes devenus des licornes

Votre nom était liberté

Et mon bonheur fut sans borne.